samedi 22 mai 2010

vases grecs




AMPHORE




DINOS


CRATERE


HYDRIE


















Aryballe en forme de phallus:





mercredi 21 avril 2010

Berlin 2010

Après mes aventures berlinoises et aéroportuaires, voici une sélection de quelques photos...


bon il est clair que cet article ne s'intègre pas vraiment dans la logique du blog, qui se veut avant tout un blog de travail... mais pouvait-on passer sous silence cet inoubliable voyage? J'espère que mes lecteurs extérieurs à la classe de HK me pardonneront de n'avoir pas su raccrocher ces souvenirs de moments bien agréable à des détails antiques, ni dans l'étymologie de nom de Berlin (qui n'est décidément pas latine...) ni dans son histoire, puisque Berlin ayant été fondée au XIII° siècle a su échapper à la folie conquérante de César...


Tout au plus puis-je vous proposer quelques lignes de Tacite sur la Germanie, et un petit jeu culturel: les légendes (sauf une) ne sont pas de moi; aprè-s les photos, vous trouverez une liste d'auteurs; essayez de rendre à son auteur chaque citation! Réponse (et traduction des phrases latines) dans la réponse des quizz!


UNE VISION PREMONITOIRE?

Ipse eorum opinionibus accedo, qui Germaniae populos nullis aliis aliarum nationum conubiis infectos propriam et sinceram et tantum sui similem gentem exstitisse arbitrantur. Unde habitus quoque corporum, tamquam in tanto hominum numero, idem omnibus: truces et caerulei oculi, rutilae comae, magna corpora
Du reste je me range à l'avis de ceux qui pensent que le sang des Germains ne fut jamais altéré par des mariages étrangers, que c'est une race pure, sans mélange, et qui ne ressemble qu'à elle-même. De là cet air de famille qu'on remarque dans cette immense multitude d'hommes : des yeux bleus et farouches ; des cheveux roux ; des corps d'une haute stature....


Nullas Germanorum populis urbes habitari satis notum est, ne pati quidem inter se iunctas sedes. Colunt discreti ac diuersi, ut fons, ut campus, ut nemus placuit. Vicos locant non in nostrum morem conexis et cohaerentibus aedificiis: suam quisque domum spatio circumdat, siue aduersus casus ignis remedium siue inscitia aedificandi.
On sait assez que les Germains ne bâtissent point de villes ; ils ne souffrent pas même d'habitations réunies. Leurs demeures sont éparses, isolées, selon qu'une fontaine, un champ, un bocage, ont déterminé leur choix. Leurs villages ne sont pas, comme les nôtres, formés d'édifices contigus : chacun laisse un espace vide autour de sa maison, soit pour prévenir le danger des incendies, soit par ignorance dans l'art de bâtir.


CHASTETE ET FRUGALITE DES GERMAINS

[18] Quamquam seuera illic matrimonia, nec ullam morum partem magis laudaueris. Nam prope soli barbarorum singulis uxoribus contenti sunt, exceptis admodum paucis, qui non libidine, sed ob nobilitatem plurimis nuptiis ambiuntur. Dotem non uxor marito, sed uxori maritus offert. Intersunt parentes et propinqui ac munera probant, munera non ad delicias muliebres quaesita nec quibus noua nupta comatur, sed boues et frenatum equum et scutum cum framea gladioque. In haec munera uxor accipitur, atque in uicem ipsa armorum aliquid uiro adfert: hoc maximum uinculum, haec arcana sacra, hos coniugales deos arbitrantur. Ne se mulier extra uirtutum cogitationes extraque bellorum casus putet, ipsis incipientis matrimonii auspiciis admonetur uenire se laborum periculorumque sociam, idem in pace, idem in proelio passuram ausuramque. Hoc iuncti boues, hoc paratus equus, hoc data arma denuntiant. Sic uiuendum, sic pereundum: accipere se, quae liberis inuiolata ac digna reddat, quae nurus accipiant, rursusque ad nepotes referantur.
Toutefois en ce pays les mariages sont chastes, et il n'est pas de trait dans leurs moeurs qui mérite plus d'éloges. Presque seuls entre les barbares ils se contentent d'une femme, hormis un très petit nombre de grands qui en prennent plusieurs, non par esprit de débauche, mais parce que plusieurs familles ambitionnent leur alliance. Ce n'est pas la femme, c'est le mari qui apporte la dot. Le père et la mère, ainsi que les proches, assistent à l'entrevue et agréent les présents. Ces présents ne sont point de ces frivolités qui charment les femmes, ni rien dont puisse se parer la nouvelle épouse. Ce sont des boeufs, un cheval tout bridé, un bouclier avec la framée et le glaive. En présentant ces dons, on reçoit une épouse. Elle, de son côté, donne aussi à l'époux quelques armes. C'est là le lien sacré de leur union, leurs symboles mystérieux, leurs divinités conjugales. Pour que la femme ne se croie pas dispensée des nobles sentiments et sans intérêt dans les hasards de la guerre, les auspices mêmes qui président à son hymen l'avertissent qu'elle vient partager des travaux et des périls, et que sa loi, en paix comme dans les combats, est de souffrir et d'oser autant que son époux. C'est là ce que lui annoncent les boeufs attelés, le cheval équipé, les armes qu'on lui donne. Elle apprend comment il faut vivre, comment il faut mourir. Ce dépôt qu'elle accepte, elle devra le rendre pur et honorable à ses enfants, de qui ses brus le recevront pour le transmettre à ses petits-fils.


L' AMOUR DE LA FAMILLE

Sera iuuenum uenus, eoque inexhausta pubertas. Nec uirgines festinantur; eadem iuuenta, similis proceritas: pares ualidaeque miscentur, ac robora parentum liberi referunt. Sororum filiis idem apud auunculum qui ad patrem honor. Quidam sanctiorem artioremque hunc nexum sanguinis arbitrantur et in accipiendis obsidibus magis exigunt, tamquam et animum firmius et domum latius teneant. Heredes tamen successoresque sui cuique liberi, et nullum testamentum. Si liberi non sunt, proximus gradus in possessione fratres, patrui, auunculi. Quanto plus propinquorum, quanto maior adfinium numerus, tanto gratiosior senectus; nec ulla orbitatis pretia.
Une longue ignorance de la volupté assure aux garçons une jeunesse inépuisable. On ne hâte pas non plus le mariage des filles : elles ont, comme leurs époux, la vigueur de l'âge, la hauteur de la taille; et d'un couple assorti et robuste naissent des enfants également vigoureux. Le fils d'une soeur est aussi cher à son oncle qu'à son père ; quelques-uns pensent même que le premier de ces liens est le plus saint et le plus étroit ; et, en recevant des otages, ils préfèrent des neveux, comme inspirant un attachement plus fort, et intéressant la famille par plus d'endroits. Toutefois on a pour héritiers et successeurs ses propres enfants, et l'on ne fait pas de testament. Si l'on n'a pas d'enfants, les premiers droits à l'héritage appartiennent aux frères, aux oncles paternels, aux oncles maternels. Plus un Germain compte de proches et d'alliés, plus sa vieillesse est entourée de respect : on ne gagne rien à être sans famille.



place aux photos, et tout d'abord, hommage et remerciements à notre charmante organisatrice toute réjouie d'avoir trouvé sa TRABI


εὔρηκα!!!




Nous étions quatre bacheliers...


L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul


Le métro berlinois est de la même couleur que le manteau de Martine



Que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes et quand les philosophes seront rois!


Je suis un gars bien ordinaire...


l'Histoire est un éternel recommencement



Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
e terra magnum alterius spectare laborem




Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

elle poussait un petit cri, fermait entièrement les yeux , et brusquement, elle avait l'air de s’efforcer de réprimer, d'anéantir un rire qui, si elle s'y fût abandonnée, l'eût conduite à l'évanouissement.






Ils s'efforcent de franchir le mur... voyez le désespoir qui se lit dans leur regard, surtout celui de Quentin!




allez venez Milord, vous avez l'air d'un môme, laissez vous faire milord, venez dans mon royaume!





Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !



Seigneur, Vous m'avez fait puissant et solitaire...


La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix,
Sous la ramée...

Certe edopol, quom illum contemplo et formam cognosco meam. Quem ad modum ego sum - saepe in speculum inspexi -, nimis similest mei!





En vrac, les auteurs des citations:
Baudelaire, Lucrèce, Verlaine,Yveline Klein, Plaute, Archimède, Victor Hugo,Martine Dal Zotto , Diderot, la Genèse, Robert Charlebois, Alfred de Vigny, Edith Piaf, Marcel Proust, Georges Brassens, Thucydide.
A vous de rendre à César ce qui lui appartient!!!
La réponse dans 48 heures.

Et le retour, au fait?

eh bien, samedi

vers 14h j'ai appris que tous les vols étaient supprimés en raison de l'éruption du volcan; je me suis donc rendue à l'aéroport, en métro; il y régnait la plus grande confusion; les " voyageurs" occupaient les terminaux destinés à l'enregistrement, pour essayer de transférer leurs billets; un groupe de jeunes (des Italiens bien sûr, des Toscans comme je l'ai appris par la suite) faisaient du scandale, menaçant d'occuper l'aéroport, car ils n'avaient pas d'hébergement.
Il n'y avait pas de vol disponible pour Pise avant jeudi; Easyjet (qui n'emploie pas de personnel) avait quand même mis à notre disposition leur téléphone grâce auquel j'ai pu, après 20 mn d'attente, obtenir une hôtesse qui a accepter d'échanger mon billet contre un autre pour Venise, le lendemain, d'où je prendrais un train pour rejoindre Pise;
vers 19 h, une hôtesse de l'aéroport nous a annoncé qu' Easyjet nous offrait 2 nuits d'hôtel, dans un hôtel situé à 30 km de Berlin mais à 10 km de l'aéroport (pratique...) mais 4 étoiles tout de même ( à Mahlow); j'ai dû retourner à Berlin (toujours en métro) chercher ma valise à l'auberge de jeunesse; je suis revenue à Mahlow à 22 heures.
Il va sans dire que dimanche matin, j'ai appris que tous les vols (donc y compris le mien, pour Venise), étaient annulés, et que tous les aéroports étaient fermés jusqu'à nouvel ordre; imaginez mon désespoir... de plus j'avais attrapé une bronchite dans les courants d'air du métro, je grelottais de fièvre et de désarroi; c'est alors que j'ai avisé un groupe d'étudiants qui parlaient italien (ceux de l'aéroport en fait); comme ils portaient des valises et prenaient l'ascenseur dans le sens de la descente, mon sens de la déduction n'a fait qu'un tour, et je leur ai demandé où ils allaient, quand, et comment; ils partaient pour Empoli (à 30 km de Pise), un quart d'heure après, en pullman....
je vous laisse deviner la suite, j'ai donc voyagé avec ce groupe, nous avons quitté Mahlow à midi et sommes arrivés à 4 heures du matin à Empoli (c'était assez surréaliuste d'ailleurs); tous mes voisins ont été stupéfaits d'apprendre qu'il existait un trajet direct Berlin-Empoli...

dimanche 14 mars 2010

fashion victim dans le monde antique

Comment étaient-elles donc vêtues, ces belles du temps jadis? nous possédons des portraits de Flora la belle Romaine, sur une fresque de Pompéi;



Les femmes de l'antiquité (et les hommes aussi d'ailleurs) accordaient une grande importance à leur toilette; il faut bien distinguer la mode romaine de la mode grecque, et à l'intérieur de cette dernière, plusieurs époques bien distinctes, sans grand rapport les unes avec les autres.







La 1° civilisation grecque connue est la civilisation minoenne, riche et brillante. Les palais sont grandioses, ornés de fresques somptueuses et polychromes; l'art de la couleur a atteint une belle maîtrise, mais toutes les couleurs ne sont pas disponibles; seul le blanc, le bleu, un bleu très vif et très franc, très joyeux, caractéristique de cette époque qui s'étend entre 1450 avant JC et 1200 environ, obtenu à partir de la fleur de jacinthe; le rouge, issu du broyage de la cochenille (parasite du chêne); le violet, obtenu par broyage du coquillage appelé murex; l'ocre, obtenu par broyage de pigments contenus dans la terre; le brun, le jaune, tiré du narcisse et de l'iris. Quant au noir, c'est évidemment l'encre de seiche qui le fournit. La technique de l'impression est naturellement inconnue; on se contente de bordures au bas du vêtement, à l'encolure parfois; ces bordures ont une fonction tantôt décorative, tantôt symbolique.La robe est généralement courte, et laisse voir le mollet, à cette époque (il n'en ira pas de même dans une antiquité plus tardive). mais la constante de toute l'Antiquité, qu'elle soit grecque ou romaine, qu'on se réfère au III° millénaire ou au I°, c'est la technique du plissage. La forme "princesse" prévaut; le corsage, à l'encolure arrondie, est plissé depuis cette dernière jusqu'à la taille, qui est marquée. elle est généralement soulignée d'une fine ceinturepresque une cordelette, et le plissage reprend à partir de la taille, jusqu'au bas de la jupe. C'est ainsi que l'ont voit sur les frsques du palais de Cnossos (en Crète) des élégantes portant des robes de ce style, accessoirisées de sandales à fine lanières, le plus souvent à forme de spartiates.Souvent un rang de perles à ras du cou souligne l'encolure.
dans ces deux fresques, on peut admirer la complexité et le raffinement du mantelet, toujours agrémenté d'une bordure de couleur plus soutenue, et aux formes très travaillées: simple arrondi laissant la poitrine découverte dans la première fresque, les bords du vêtement ne se joignent pas et laissent bien voir le corsage; dans l'autre au contraire, le mantelet est fermé, souligné d'appliques, d'empiècement perlés. Le peu qu'on peut deviner laisse quand même bien voir des habitudes vestimentaires sophistiquées et d'une grande élégance.

Et les coiffures?Elles sont très travaillées, très sophistiquées; de longues mèches sont laissées libres, qui ondulent sur les épaules; le reste de la chevelure est tressé, entrelacé, arrangé en ondes successives qui s'étagent sur le sommet de la tête; des perles entremêlées aux cheveux complètent le tout. La frange est inexistante, les cheveux sont tous ramenés vers l' arrière, ou alors 2 grosses boucles encadrent le visage au niveau des tempes. Parfois, comme dans ce portrait de Sappho, une fine résille retient la masse de la chevelure au sommet du crâne, tandis que s'en échappent par les côtés de fines boucles toutes mousseuses.



La très belle Parisienne,( fragment de fresque minoenne) a une coiffure très audacieuse: les cheveux du devant sont courte, et ramassés sur le sommet de la tête, mais les mèches de l'arrière sont laissées très longues, soigneusement ondulées; on n'oublie pas l'accroche coeur qui descend négligeamment sur le front...


quant à sa robe, elle est particulièrement audacieuse, puisque le bourrelet qui souligne le décolleté (comparable aux encolures en velours de la Renaissancr) se ferme dans le dos par un gros noeud.



Entre la Crète minoenne et la Rome impériale, pas grand chose de commun; (d'ailleurs les Romains ne connaissaient même pas l'existence de la civilisation crétoise)A Rome, c'est le drapé qui prévaut; pas de coutures, aussi, il faut soigneusement s'assurer de la solidité et de l'efficacité de la fibulle, qui retient les plis du vêtement sur l'épaule, et l'empêche de glisser à terre!


Le chapeau est-il une invention des temps modernes? que non! les statuettes de Tanagra ont la tête protégée pas d'élégantes capelines.
































Quant à la coiffure des romaines, elle va évoluer de la simplicité (sous la République) à une complexité vertigineuse, qui agace tant Juvénal ; initiée par Messaline, la mode des chevelures bouclée devient vite un défi à l'équilibre...



LIVIA

















MATIDIA
























MESSALINE






Et l'été venu, comme nous, elles allaient ... à la plage, et jouaient même au freesbee!!
les premiers maillots de bains furent donc des bikinis...


cette mosaïque date du IV° siècle après J.C.





Quelques belles d'aujourd'hui ont tenté de faire revivre, l'espace d'un après midi, ces 'belles dames du temps jadis'... jugez de l'effet:


tunique brodée de méandres et de 'grecques' pour Lisa; sans oublier le 'sourire attique'!:


beau travail de tressage des cheveux, effet de rubans et broderies à jours pour Gina:encore des tresses, et les grosses boucles d'oreilles en argent, caractéristiques du style antique: Marine, au prénom prédestiné!


















et Cécile en Vestale de charme!



























( avec l'aimable autorisation des hellénistes et latinistes de la classe d'HK, cru 2008/2009)

vendredi 5 mars 2010

j'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien quel pouvait être son prénom, et quel était son nom...

J'espère qu'on ne m"en voudra pas de citer en exergue de cette très sérieuse étude sur les noms et prénoms, cette chanson de la glamourissime Jeanne Moreau!
Les Romains avaient des noms et des prénoms tout comme nous; enfin, pas tout à fait... et du moins, l'homme romain; quant à la femme...
En effet, dès l'époque des rois ( ce qui nous situe, chronologiquement parlant, vers le début de l'époque historique*) , se répand l'usage des tria nomina:
- le praenomen (prénom); les praenomina sont au nombre de 17; ils sont très régulièrement écrits en abrégé dans les textes quels qu'ils soient; cette abréviation consiste dans la 1° lettre (ou les 2 ou 3 premières lettres) du prénom, suivie d'un point; il est indispensable de les connaître; il va sans dire que ces prénoms se déclinent, même s'ils sont notés en abrégé...
- le nomen gentilice, ou nom de famille; il s'écrit en entier, se termine par le suffixe -ius parce qu'il est dérivé de l'ancêtre fondateur de la gens; l'exemple le plus illustre est celui de la gens Iulia, que César, très habilement, profitant d'une coïncidence étymologique, fait descendre de Iule, le mystérieux fils d'Enée... ce nomen peut se mettre au féminin comme on vient de le voir.
- le cognomen, rendu indispensable par le petit nombre des prénoms. Ce cognomen à l'origine était tiré d'une particularité physique (les Romains à cet égard avaient une sensibilité différente de la nôtre, et ne se sentaient pas humiliés d'être désignés par un défaut ou un ridicule qui affectait leur personnalité; ou du moins, on supposait qu'ils ne l'étaient pas...) ou morale du personnage concerné; c'est ainsi que L. Tarquin reçut (certainement contre son gré) le surnom de Superbus, en raison de sa morgue et de sa cruauté; mais certains n'hésitaient pas à s'affubler de cognomina plus valorisants, comme Appius Claudius qui prit le surnom de Pulcher, ou Pompée qui prit, grâce à Sulla, celui de Magnus... Sulla felix: crimen deorum erat sulla felix (Sénèque)
Par la suite, ces cognomina eux-mêmes deviennent héréditaires, tant est grande l'insensibilité du Romain à l'individu...
Faut-il rappeler quelques anecdotes célèbres? celle de Cicéron, si fier de son cognomen (qui pourtant rappelait que son ancêtre avait une verrue sur le nez, puisque cicer signifie pois chiche) que, pour signer l'inscription d'un vase d'argent, il demanda au sculpteur de graver, à la place de son nom, un petit pois chiche...; celle de César, dont le cognomen vient du verbe caedo, couper, qui rappelle la naissance difficile du grand Jules, né par une intervention chirurgicale qu'on fint par la suite, par appeler "césarienne"
Dans l'histoire, les personnages sont restés célèbres tantôt sous leur cognomen (c'est la cas précisément de César, dont le nom entier est; C. Julius Caesar; de Cicéron: M. Tullius Cicero; de Scipion: P. Cornelius Scipio; de l'infâme Sylla: L. Cornélius Sulla; et de bien d'autres...); Notons d'ailleurs que César était plus volontiers appelé Caius Julius par ses contemporains...
d'autres, par leur nomen: Virgile (P. Vergilius Maro), Horace (Q. Horatius Flaccus); etc.
aucun par son praenomen, trop vague et commun à trop d' hommes!
Sous l'Empire, les choses vont un peu changer; certaines gentes sont devenues si nombreuses, si puissantes et si célèbres, qu'elles sont aussi désignées en abrégé, ( citons parexemple la gens Antonia, abrégé en ANT., ou l'illustrissime gens Claudia, abrégée en CL.), favorisant ainsi la confusion ultérieure entre nom et prénom; en effet, à l'époque chrétienne, on prit volontiers des noms pour prénoms, et c'est ainsi que sont nés les prénoms Claude, Antoine, Jules et bien d'autres.
En italien moderne, cette confusion est officialisée par le fait que cognome désigne le nom de famille, et nome, le prénom...

Et les femmes?

eh bien, les femmes... n'ont pas de nom! aant de ous indigner, repensez à ce détail que j'ai mentionné: le Romain est moins sensible que nous à la notion d'individu; l'individu n'est rien, la collectivité est tout; ce n'est pas par mépris de la femme qu'elle n'a pas de nom personnel; c'est parce qu'elle est moins importante, en tant qu'individu, qu'en tant que représentante et continuatrice d'une gens... (certes, ces excuses valent ce qu'elles valent hein...)
Bref, sous la République, la femme est uniquement désignée par le nomen gentilice mis au féminin; la fille de Cicéron s'appelle Tullia; la mère des Gracques, qui fait partie de l'illustre gens Cornelia, s'appelle Cornelia (sans accent...); et la douce Cloelia était la fille de Cloelius!
Que se passe-t-il alors, me direz-vous, quand un couple a deux filles? eh bien, rien ne change; toutes les deux portent le même nom: Tullia par exemple pour les 2 filles de Servius Tullius; seulement la plus jeune reçoit en plus l'appellation de minor: Tullia Minor; et l'aînée, celle de major: Tullia Maior. Tout simplement...
Et s'il y en a trois? eh bien, on complète le noment au féminin par Tertia... il suffisait d'y penser! La fille de Paul-Emile s'appelait ainsi, et c'est le nom que lui donne son père quand il s'adresse à elle...
D'ailleurs, cela n'empêchait nullement d'affececter ces noms/prénoms de diminutifs affectueux; Cicéron, qui comme on le sait, adorait sa fille, l'appelle toujours dans sa correspondance Tulliola "ma petite Tullia adorée"
Evidemment cela ne aut pas pour les femmes romaines d'origine étrangère, soit qu'elles se soient installées à Rome: Tanaquil par exemple a son nom à elle, nulle part on ne la voit désignée sous le nom de Tarquinia; (parfois on la trouve sous le nom de Gaia Caecilia, mais peut-être s'agit-il d'une confusion avec une autre femme...)c'est une Etrusque... Dans les provinces romaines (la Gaule en particulier, et les provinces d'Afrique du nord, les mieux assimilées de toutes), souvent l'usage local se substitue ou se surajoute à l'usage romain, et c'est ainsi qu'on voit fréquemment des épitaphes dédiées à des fillettes surnommées Favilla (la blondinette; épitaphe gallo-romaine de Nîmes...
Par la suite, à l'époque impériale, les choses ghangeront; les femmes éprouveront le besoin d'avoir un nom à elles;



un petit rappel chronologique, parce que beaucoup d'entre vous ont des problèmes de datation: Rome fut fondée en 753 avant J.C, et la république fut proclamée en 509; pendant ces 2 siècles, il y eut une succession de 7 rois; le 1° texte écrit en latin (la fibulle de Préneste) est daté de 600 avant J.C, c'est-à-dire juste au milieu de l'époque historique, sous le règne de Servius Tullius, qu'on voit d'ailleurs figurer sur un bas-relief, avec son nom étrusque Mastarna, tandis que Tarquin est désigné par le sien, Cneve Tarchu Rumach.


ET EN GRÈCE?
C'est tout à fait différent; le système est beaucoup moins rigide, et femmes et hommes sont traités sur le même plan; enfin du moins en apparence.
L'homme grec et la femme grecque ont un nom individuel, et il n'y a pas de nom de famille; chacun porte son nom suivi du nom de son père, au génitif ; dans la 1° page du Protagoras, Platon énumère un certain nombre de personnages, tous athéniens; κίμων μιλτιάδου Ἱπποκράτης, ὁ Ἀπολλοδώρου ὑὸς Φάσωνος δὲ ἀδελφός, Ἱππίας ὁ Ἠλεῖος—οἶμαι δὲ καὶ Πρόδικον τὸν Κεῖον Πάραλος ὁ Περικλέους, καὶ Χαρμίδης ὁ Γλαύκωνος, ἐκ δὲ τοῦ ἐπὶ θάτερα ὁ ἕτερος τῶν Περικλέους Ξάνθιππος, καὶ Φιλιππίδης ὁ Φιλομήλου καὶ Ἀντίμοιρος ὁ Μενδαῖος,



Les Grecs connaissaient aussi l'usage du surnom, sauf qu'il n'est pas systématique comme à Rome; l'exemple le plus célèbre est celui de Platon, dont le vrai nom était Agathoclès, et qui fut surnommé Platon soit à cause de la largeur de ses épaules (tout le monde sait que Platon était un athlète remarquable, il avait même gagné 2 fois les jeux olympiques); soit à cause de l'ampleur de sa pensée, nous dit Diogène Laërce


Pour les étrangers, on précisait uniquement la ville d'origine, au génitif; le nom du père n'importait guère, puisqu'il était inconnu, on n'en faisait donc pas mention. Là encore, femmes et hommes sont traités sur le même pied: la belle Aspasie, la compagne de Périclès et l'amie de Socrate, par exemple est appelée Aspasie de Milet

Un fait curieux, qui mérite d'être cité: dans la Grèce d'aujourd'hui, tout le monde a un prénom et un nom de famille; sauf que les femmes ont ce nom de famille ... AU GÉNITIF, parce qu'elles sont toujours la fille DE leur père... La chanteuse Charis Alexiou; Angélique Ionatos s'appelle en vrai Ionatou!

vendredi 29 janvier 2010

mais qui est donc Cloelia?

oui, qui est cette mystérieuse jeune fille qui prête son nom à ce blog?
C'est une héroïne de l'histoire de Rome, un de ces personnages exemplaires (exempla)qui servaient à l'éducation des jeunes Romains?
Elle vivait pendant la guerre contre les Etrusques; même ce sauvage de Porsenna avait été conquis par son courage et sa noblesse d'âme!
Voici son histoire, contée par Tite Live:
Ergo ita honorata uirtute feminae quoque ad publica decora excitatae, et Cloelia uirgo, una ex obsidibus, cum castra Etruscorum forte haud procul ripa Tiberis locata essent, frustrata custodes, dux agminis uirginum inter tela hostium Tiberim tranauit sospitesque omnes Romam ad propinquos restituit. Quod ubi regi nuntiatum est, primo incensus ira oratores Romam misit ad Cloeliam obsidem deposcendam : alias haud magni facere;
deinde in admirationem uersus supra Coclites Muciosque dicere id facinus esse et prae se ferre, quem ad modum, si non dedatur obses, pro rupto foedus se habiturum, sic deditam intactam inuiolatamque ad suos remissurum. Vtrimque constitit fides : et Romani pignus pacis ex foedere restituerunt, et apud regem Etruscum non tuta solum sed honorata etiam uirtus fuit, laudatamque uirginem parte obsidum se donare dixit; ipsa, quos uellet, legeret. Productis omnibus elegisse inpubes dicitur, quod et uirginitati decorum et consensu obsidum ipsorum probabile erat, eam aetatem potissimum liberari ab hoste, quae maxime opportuna iniuriae esset.Pace redintegrata Romani nouam in femina uirtutem nouo genere honoris, statua equestri, donauere : in summa sacra uia posita uirgo insidens equo.

Cet honneur, accordé au courage, excita les femmes à mériter aussi les distinctions publiques. Comme le camp des Étrusques n'était pas très éloigné des bords du Tibre, Clélie, l'une des jeunes Romaines livrées en otage, trompe les sentinelles, et, se mettant à la tête de ses compagnes, traverse le fleuve au milieu des traits ennemis, et, sans qu'aucune d'elles eût été blessée, elle les ramène à Rome, et les rend à leurs familles.À la nouvelle de cette évasion, le roi, indigné, envoie à Rome pour réclamer Clélie, sans paraître tenir beaucoup aux autres; mais bientôt, passant de la colère à l'admiration, et mettant ce trait d'audace au-dessus des actions des Coclès et des Mucius, il déclare que si on ne lui rend pas son otage, il regardera le traité comme rompu; mais que si on la remet en son pouvoir, il la renverra à ses concitoyens sans lui faire essuyer aucun mauvais traitement. On tint parole de part et d'autre : les Romains, conformément au traité, rendirent à Porsenna les gages de la paix; et de son côté, le roi des Étrusques voulut que non seulement la vertu fût en sûreté auprès de lui, mais qu'elle y fût même honorée. Après avoir donné des éloges à Clélie, il lui fit présent d'une partie des otages, et lui en abandonna le choix. Lorsqu'on les eut tous amenés en sa présence, elle choisit, dit-on, les plus jeunes, croyant, par respect pour la pudeur, (et elle obtint, à cet égard, l'entier consentement des otages eux-mêmes) devoir soustraire avant tout aux ennemis celles que leur âge exposait le plus aux outrages. La paix rétablie, les Romains récompensèrent, par un genre d'honneur extraordinaire, un courage aussi extraordinaire dans une femme; on lui décerna une statue équestre; et l'on plaça au haut de la voie sacrée l'image de Clélie à cheval.



Ce si joli prénom n'est en fait qu'un nom de famille, ne l'oubliez pas, un nomen gentilice au féminin; Cloelia appartenait à la gens Cloelia, dont tous les membres masculins portaient pour nomen Cloelius.
il n'est peut-être pas inutile de rappeler qu'elle fournit aussi son titre au roman précieux de Madeleine de Scudéry, Clélie, et à l'héroïne de la Chartreuse de Parme, la jeune Clélia Conti.

lundi 11 janvier 2010

les chrétiens en Grèce et à Rome

En ce temps de Noël, il est de circonstance de s'interroger sur les 1° temps du christianisme, et sa diffusion dans le monde gréco-romain (une mention pour Vincent, qui est à l'origine de cet article)
De nombreuses légendes courent sur le Christ; chacun sait que Jésus naquit à nazareth, en galilée, en l'an... mais oui, en l'an 1 (vous n'oubliez pas qu'il n'y eut pas d'année désignée comme année "zéro") de notre ère, d'un modeste couple juif, que rien ne prédisposait à tant de gloire: Joseph le charpentier, et sa femme, Marie, sans profession. En réalité, il semble qu'il y naquit quelques années plus tôt, et donc, pas forcément le 25 décembre...
LA PALESTINE AU TEMPS DE JESUS


Il n'est pas de mon propos de vous raconter ici sa vie, car vous la trouverez dans les Evangiles, et aussi bien sûr dans la monumentale Histoire du christianisme d'Ernest Renan. Mon but sera plutôt de voir comment il a élaboré les prémices de la nouvelle religion, et comment celle-ci se répandit en Grèce, puis à Rome.
Jésus, donc, était juif; il avait été élevé par ses parents dans cette foi, qu'il perdit bientôt, et dès son adolescence il se mit à professer des idées complètement nouvelles, qui le firent persécuter par ses coreligionaires.
Il ne faudrait pas croire cependant que ce fut un événement exceptionnel que ce jeune inconnu qui se proclamait messie, ce messie que les Juifs attendaient depuis bientôt 3 millénaires; en effet, le le I° et 2° siècle en Orient et dans tout le monde gréco-romain était un temps d’angoisses et d’interrogations métaphysiques, où florissaient des sectes de toute sorte; les prophètes, les messies, vrais et faux, abondaient. Renan, A.France dans sa délicieuse Thaïs, Saint Paul lui-même, nous en offrent des témoignages concordants. En somme, c'est une ère où pullulent les visions, les miracles, les hallucinations collectives, une époque mystique et illuminée; les thaumaturges ( faiseurs de miracles) étaient chose courante. Jésus ne fut pas le seul de son époque à multiplier les pains, à marcher sur les flots, à ressusciter Lazare!
Jésus avait donc fondé une petite secte, comme il en existait des centaines, de Juifs dissidents, en Galilée; certes il avait aussi, comme tous les autres prophètes, ses détracteurs, surtout parmi les Juifs orthodoxes et les prêtres, qui l'accusaient de "corrompre la jeunesse".
Environ 50 ans après la mort de Jésus, s'était créee à Jérusalem une petite communauté ou église, qui ne se distinguait guère des petites sectes qui pullullaient; on ne sortait pas de la Palestine; tous les fidèles étaient des Juifs et le christianisme aurait pu sombrer dans l'oubli comme elles. Or, dans tout le moyen-orient, la langue la mieux répandue et la plus propre aux échanges internationaux était le grec; c'est donc en grec, et non en hébreu, qui était la langue de la Palestine, mais une langue obscure et mal diffusée. En revanche, le grec était la langue que parlaient également les Juifs de Rome (qu'on se rappelle comment, dans sa III° satire, Juvénal confond dans un même mépris les Juifs et les Grecs); c'est ainsi que, petit à petit, le christianisme s'introduisit à Rome.
Dans cette atmosphère quelque peu délétère et propice à tous les excès, les vieux dieux du Panthéon indo-européen étaient bien malmenés; il semblait qu'ils ne suffisaient plus à cette époque assoiffée de foi, de mysticisme, de merveilleux. Ce serait une erreur de s'imaginer même la Rome de Cicéron entièrement dédiée, dans le calme et la discipline, aux dieux ancestraux; En fait depuis longtemps déjà, à Rome, les religions orientales et asiates connaissaient un succès tel qu'il fallut parfois toute l'autorité du Sénat pour en limiter les abus; c'est ainsi qu'en 196 avant notre ère, un sénatusconsulte (la sénatusconsulte dit des Bacchanales) dut interdire les sacrifices humains! C'était vers la fin des guerres puniques, et non dans des époques obscures et reculées!
en effet, malgré son respect immémorial pour ces dieux , Rome avait toujours été attirée par les cultes orientaux, et cette attirance s'était exercée avec d'autant plus de facilité et de naturel que les Romains avaient toujours été d'une extrême tolérance vis-à-vis des religions étrangères. La liberté de culte y a toujours régné en maîtresse. Le culte d'Isis, de Sérapis et de Mithra étaient déjà bien implantés du temps de Cicéron. Voici ce quécrit Renan: "Jamais on ne fut plus occupé de prophéties, de prodiges. Le beau déisme éclectique de Cicéron, continué et perfectionné encore par Sénèque, restait la croyance d'un petit nombre d'esprit élevés, n'exerçant aucune action sur leur siècle."
en 204 av. J.-C, le culte de Cybèle, déesse phrygienne, donne lieu à des cérémonies officielles
Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que les vieux cultes romains aient pu céder la place à cette religion nouvelle. Après le règne d'Auguste, Rome tomba sous le joug d'empereurs aussi incompétents que cruels; la société se délitait; la morale n'avait plus cours; par comparaison, la nouvelle religion apportait la paix, la fraternité, et promettait le salut éternel! De plus, elle accueillait dans son sein riches et pauvres, sans aucune discrimination; dans une société aussi inégalitaire que celle de Rome, c'était un atout important; les 1° chrétiens furent essentiellement des gens de modeste condition.
Rome en général, était tolérante; tout ce qu'elle exigeait en échange de la liberté de culte, c'était que l'on reconnût les dieux officiels, dont les Romains craignaient le courroux et la vengeance, si on les méprisait. On pouvait bien pratiquer le culte de Mithra et d'Isis, mais à condition de ne pas négliger les antiques divinités du panthéon indo-européen; or, ce fut le tort de Juifs et, après eux, des Chrétiens: leur dieu leur interdisait d'odorer le "veau d'or", et plus tard, les Chrétiens préférèrent subir le martyre, plutôt que d'adorer ceux qu'ils considéraient comme des idoles. Rome ne le leur pardonna pas, et c'est ainsi qu'ils servirent d'exutoire à la cruauté gratuite des empereus qui n'avaient pas pour seul motif le respect de la religion.
Ce fut Néron qui le premier se livra à des actes de persécution contre eux; après l'incendie de Rome dont il les rendit responsables (mais qu'il avait, dit-on, allumé lui-même), il publia en 74 un édit interdisant leur religion. C'est sous son règne que périrent Pierre, crucufié, et Paul, décapité. A son tour, en 93, Domitien fit périr dans la torture de nombreux chrétiens, parmi lesquels des membres de sa propre famille, qui avaient embrassé cette religion. On compte parmi ses victimes notamment saint Jean l'évangéliste.
Ensuite, des empereurs qui ont pourtant une réputation d'humanité et de philosophie, comme Hadrien ou Marc Aurèle, publièrent des édits ou encouragèrent les persécutions. Puis les emprereurs et les persécutions se succédèrent, parvenant à un pic en 303 sous Dioclétien, qui fit démolir les églises, périr une quantité d'évêques et contraignit nombre de fidèles à des actes d'idolâtrie.
Malgré cela (ou à cause de cela), le christianisme prenait de plus en plus d'ampleur.
L'événement qui pour une partie des historiens marque le début du chritianisme comme religion officielle, fut la conversion de Constantin en 312, conversion provoquée par une vision: lors d'une guerre contre Maxence, il vit dans le ciel, en lettres de feu, une croix, avec cette inscription: HOC SIGNO VINCES (par ce signe, tu vaincras); Maxence fut vaincu, et Constantin comprit le prodige et se convertit. En 313, il promulga l'Edit de Milan dans lequel il rendait aux Chrétiens la liberté de culte et rendait à l'église tous les biens qui lui avaient été confisqués.


histoire de Jonas, mosaïque chrétienne du IV° siècle; le poisson (ἰχθύς en grec) symbolise le Christ, car son nom grec est l'acrostiche de la phrase: Ἰεσούς Χριστος Θεοῦ Ὑιός Σώτηρ: Jésus Christ fils de dieu, sauveur.
En effet le nouveau testament fut rédigé presqu'entièrement en grec, et non en hébreu comme on le croit parfois; sa traduction en latin destinée au monde romain, fut réalisée par Saint Jérôme et est généralement désignée du nom de Vulgate.

jeudi 31 décembre 2009

NEIGES

"Et puis vinrent les neiges, les premières neiges de l'absence, sur les grands lés tissés du songe et du réel..."
Saint-John Perse, NEIGES




non, cette photo ne représente pas une station de ski, mais le petit village de Toscane où j'ai ma maison; notre arrivée a été saluée par une tempête de neige et nous sommes restés 3 jours entiers prisonniers de la neige, sans pouvoir aller nulle part, sans ravitaillement, nos voitures échouées au bord d'un ravin, parce qu'elles n'avaient pas pu gravir les derniers km, trop pentus, trop sinueux et couverts de neige poudreuse qui commençait à verglasser.
Pour nous, modernes (enfin pour vous car en ce qui me concerne j'ai horreur de la neige sous toutes ses formes), la neige est un éblouissement, un enchantement; nous en avons fait un sport et une activité de loisir, et si jamais elle vient à manquer au coeur de l'hiver, on a inventé des canons pour la faire tomber artificiellement!
Il en allait tout autrement dans l'Antiquité; certes, l'Italie et surtout la Grèce possèdent des sommets enneigés; mais il va sans dire qu'on les évitait soigneusement, et d'ailleurs, il ne serait venu à personne de tenter l'escalade du Mont Parnasse!
Pourtant, il est arrivé à des populations de se trouver prises dans la neige, surtout d'ailleurs à l'occasion de campagnes militaires; les Grecs ainsi piégés par le froid nous ont laissé un souvenir épouvanté de cette expérience!
Car pour les Anciens, la neige était une calamité et une catastrophe naturelle, à laquelle ils n'étaient nullement préparés.

Il est arrivé à deux armées grecques en particulier de se trouver prises dans la neige, et de vivre une expérience terrifiante: l'armée des mercenaires grecs de Darius II en guerre contre son propre fils Artaxerxès d'abord; Darius avait employé des soldats grecs qui s'étaient enrôlés dans cette campagne qui les mena de Perse en Arménie, où les surprit le terrible hiver 401 (avant JC bien entendu)
Voici le récit de leur calvaire, par Xénophon (Anabase):
"On rassembla donc l'armée encore une fois, et l'on résolut de la tenir au bivouac. Pendant la nuit qu'elle y passa, il tomba une quantité excessive de neige ; elle couvrit les armes et les hommes qui étaient couchés, et raidit même les jambes des chevaux de bât : hommes, bêtes, tout était engourdi : rien ne se relevait ; c'était un spectacle digne de compassion de voir tout couché et tout couvert de neige. Xénophon eut le premier le courage de se lever nu et de fendre du bois ; un autre Grec bientôt l'imita, lui prit des bûches et se mit à en fendre aussi. Alors tous les soldats se relevèrent, firent du feu, et commencèrent à se frotter de matières grasses qu'ils trouvèrent en abondance dans ce pays et qui leur tinrent lieu d'huile d'olive, comme de saindoux d'huiles tirées du sésame, d'amandes amères et des fruits du térébinthe. Or y trouva aussi des essences faites des mêmes substances. On résolut ensuite de renvoyer l'armée dans ses cantonnements pour qu'elle fût à couvert. Les soldats coururent avec transport, et en jetant de grands cris de joie, retrouver un abri et des vivres. Tous ceux qui, en quittant leurs habitations, les avaient brûlées, en reçurent la peine, car ils furent mal logés et presque au bivouac. (...)
La troisième journée fut dure pour le soldat : un vent du nord impétueux qui lui soufflait au visage le brûlait et le glaçait jusqu'aux os. Un des devins fut d'avis de sacrifier au vent ; on lui immola des victimes, et la violence avec laquelle il soufflait parut évidemment cesser aussitôt. L'épaisseur de la neige était d'une orgye : beaucoup de bêtes de somme, d'esclaves, et environ trente soldats y périrent. On passa la nuit autour de grands feux car il y avait beaucoup de bois sur le lieu où on s'arrêta, mais les derniers arrivés n'en trouvèrent plus. Les premiers qui avaient allumé les feux ne permettaient à ceux-ci de s'en approcher qu'après s'être fait donner par eux du froment ou quelque autre chose à manger. On se fit part les uns aux autres des provisions qu'on avait ; où l'on allumait du feu, la neige se fondait, et il se faisait de grands trous jusqu'à la terre : c'était là qu'on pouvait mesurer la hauteur de la neige. On marcha tout le jour suivant dans la neige, et beaucoup de Grecs étaient malades de besoin. Xénophon, qui était à l'arrière-garde, en ayant trouvé plusieurs qui ne pouvaient se soutenir, ne concevait pas quel était leur mal. Un homme qui en avait l'expérience lui apprit que cet accident était certainement causé par la faim, et que s'ils avaient à manger, ils seraient bientôt debout.(...)
le reste des soldats passa la nuit sans feu et sans nourriture ; et il y en eut qui périrent. Quelques ennemis s'étaient réunis et poursuivaient les Grecs : ces Barbares prenaient les équipages qui restaient forcément arriérés, puis se battaient les uns contre les autres pour le partage du butin. On laissa en arrière aussi des soldats que la neige avait aveuglés ou à qui le froid excessif avait fait geler des doigts des pieds. Le moyen de préserver ses yeux de l'éclat de la neige était de mettre devant quelque chose de noir quand on marchait, et l'on empêchait ses pieds de geler en les remuant, ne prenant pas de repos et se déchaussant avant de se coucher. Lorsqu'on s'endormait chaussé, les courroies entraient dans le pied, et la chaussure se durcissait et s'y attachait en gelant ; car les vieux souliers des Grecs s'étaient usés, et ils s'étaient fait faire des espèces de sandales avec du cuir de bœufs récemment écorchés. Toutes ces raisons furent cause qu'il y eut quelques traîneurs. Ils aperçurent un lieu qui paraissait noir, parce qu'il n'y avait plus de neige, et ils jugèrent qu'elle s'y était fondue : ils ne se trompaient pas. C'était l'effet d'une source voisine au-dessus de laquelle une sorte de brouillard s'élevait dans le vallon ; ils se détournèrent du chemin pour gagner cette place, s'y assirent et déclarèrent qu'ils ne marcheraient plus. Xénophon, dès qu'il en fut instruit à l'arrière-garde qu'il commandait, y alla, les supplia, les conjura de toutes manières de ne pas rester en arrière, leur disant qu'un gros corps d'ennemis suivait les Grecs. Il finit par se fâcher aussi inutilement ; les traîneurs lui répondirent qu'il n'avait qu'à les égorger s'il voulait, mais qu'ils ne pouvaient faire un pas. On jugea que le meilleur parti à prendre était d'inspirer, s'il était possible, une telle terreur aux ennemis, qu'ils ne revinssent pas attaquer ces infortunés."
στρατοπεδευομένων δ᾽ αὐτῶν γίγνεται τῆς νυκτὸς χιὼν πολλή· καὶ ἕωθεν ἔδοξε διασκηνῆσαι τὰς τάξεις καὶ τοὺς στρατηγοὺς κατὰ τὰς κώμας· οὐ γὰρ ἑώρων πολέμιον οὐδένα καὶ ἀσφαλὲς ἐδόκει εἶναι διὰ τὸ πλῆθος τῆς χιόνος. (4.4.9) ἐνταῦθα εἶχον τὰ ἐπιτήδεια ὅσα ἐστὶν ἀγαθά, ἱερεῖα, σῖτον, οἴνους παλαιοὺς εὐώδεις, ἀσταφίδας, ὄσπρια παντοδαπά. τῶν δὲ ἀποσκεδαννυμένων τινὲς ἀπὸ τοῦ στρατοπέδου ἔλεγον ὅτι κατίδοιεν νύκτωρ πολλὰ πυρὰ φαίνοντα.
[4,4,10] ἐδόκει δὴ τοῖς στρατηγοῖς οὐκ ἀσφαλὲς εἶναι διασκηνοῦν, ἀλλὰ συναγαγεῖν τὸ στράτευμα πάλιν. ἐντεῦθεν συνῆλθον· καὶ γὰρ ἐδόκει διαιθριάζειν. (4.4.11) νυκτερευόντων δ᾽ αὐτῶν ἐνταῦθα ἐπιπίπτει χιὼν ἄπλετος, ὥστε ἀπέκρυψε καὶ τὰ ὅπλα καὶ τοὺς ἀνθρώπους κατακειμένους· καὶ τὰ ὑποζύγια συνεπόδισεν ἡ χιών· καὶ πολὺς ὄκνος ἦν ἀνίστασθαι· κατακειμένων γὰρ ἀλεεινὸν ἦν ἡ χιὼν ἐπιπεπτωκυῖα ὅτῳ μὴ παραρρυείη. (4.4.12) ἐπεὶ δὲ Ξενοφῶν ἐτόλμησε γυμνὸς ἀναστὰς σχίζειν ξύλα, τάχ᾽ ἀναστάς τις καὶ ἄλλος ἐκείνου ἀφελόμενος ἔσχιζεν. ἐκ δὲ τούτου καὶ ἄλλοι ἀναστάντες πῦρ ἔκαιον καὶ ἐχρίοντο· (4.4.13) πολὺ γὰρ ἐνταῦθα ηὑρίσκετο χρῖμα, ᾧ ἐχρῶντο ἀντ᾽ ἐλαίου, σύειον καὶ σησάμινον καὶ ἀμυγδάλινον ἐκ τῶν πικρῶν καὶ τερμίνθινον. ἐκ δὲ τῶν αὐτῶν τούτων καὶ μύρον ηὑρίσκετο. (4.4.14) μετὰ ταῦτα ἐδόκει πάλιν διασκηνητέον εἶναι (τὰς κώμας) εἰς στέγας. ἔνθα δὴ οἱ στρατιῶται σὺν πολλῇ κραυγῇ καὶ ἡδονῇ ᾖσαν ἐπὶ τὰς στέγας καὶ τὰ ἐπιτήδεια· ὅσοι δὲ ὅτε τὸ πρότερον ἀπῇσαν τὰς οἰκίας ἐνέπρησαν ὑπὸ ἀτασθαλίας, δίκην ἐδίδοσαν κακῶς σκηνοῦντες.


ὁ δὲ τρίτος ἐγένετο χαλεπὸς καὶ ἄνεμος βορρᾶς ἐναντίος ἔπνει παντάπασιν ἀποκαίων πάντα καὶ πηγνὺς τοὺς ἀνθρώπους. (4.5.4) ἔνθα δὴ τῶν μάντεών τις εἶπε σφαγιάσασθαι τῷ ἀνέμῳ, καὶ σφαγιάζεται· καὶ πᾶσι δὴ περιφανῶς ἔδοξεν λῆξαι τὸ χαλεπὸν τοῦ πνεύματος. ἦν δὲ τῆς χιόνος τὸ βάθος ὀργυιά· ὥστε καὶ τῶν ὑποζυγίων καὶ τῶν ἀνδραπόδων πολλὰ ἀπώλετο καὶ τῶν στρατιωτῶν ὡς τριάκοντα. (4.5.5) διεγένοντο δὲ τὴν νύκτα πῦρ καίοντες· ξύλα δ᾽ ἦν ἐν τῷ σταθμῷ πολλά· οἱ δὲ ὀψὲ προσιόντες ξύλα οὐκ εἶχον. οἱ οὖν πάλαι ἥκοντες καὶ τὸ πῦρ καίοντες οὐ προσίεσαν πρὸς τὸ πῦρ τοὺς ὀψίζοντας, εἰ μὴ μεταδοῖεν αὐτοῖς πυροὺς ἢ ἄλλο (τι) εἴ τι ἔχοιεν βρωτόν. (4.5.6) ἔνθα δὴ μετεδίδοσαν ἀλλήλοις ὧν εἶχον ἕκαστοι. ἔνθα δὲ τὸ πῦρ ἐκαίετο, διατηκομένης τῆς χιόνος βόθροι ἐγένοντο μεγάλοι ἔστε ἐπὶ τὸ δάπεδον· οὗ δὴ παρῆν μετρεῖν τὸ βάθος τῆς χιόνος. (4.5.7) ἐντεῦθεν δὲ τὴν ἐπιοῦσαν ἡμέραν ὅλην ἐπορεύοντο διὰ χιόνος, καὶ πολλοὶ τῶν ἀνθρώπων ἐβουλιμίασαν. Ξενοφῶν δ᾽ ὀπισθοφυλακῶν καὶ καταλαμβάνων τοὺς πίπτοντας τῶν ἀνθρώπων ἠγνόει ὅ τι τὸ πάθος εἴη. (4.5.8) ἐπειδὴ δὲ εἶπέ τις αὐτῷ τῶν ἐμπείρων ὅτι σαφῶς βουλιμιῶσι κἄν τι φάγωσιν ἀναστήσονται, περιιὼν περὶ τὰ ὑποζύγια, εἴ πού τι ὁρᾐη βρωτόν, διεδίδου καὶ διέπεμπε διδόντας τοὺς δυναμένους περιτρέχειν τοῖς βουλιμιῶσιν. (4.5.9) ἐπειδὴ δέ τι ἐμφάγοιεν, ἀνίσταντο καὶ ἐπορεύοντο. πορευομένων δὲ Χειρίσοφος μὲν ἀμφὶ κνέφας πρὸς κώμην ἀφικνεῖται, καὶ ὑδροφορούσας ἐκ τῆς κώμης πρὸς τῇ κρήνῃ γυναῖκας καὶ κόρας καταλαμβάνει ἔμπροσθεν τοῦ ἐρύματος.

5, τῶν δ᾽ ἄλλων στρατιωτῶν οἱ μὴ δυνάμενοι διατελέσαι τὴν ὁδὸν ἐνυκτέρευσαν ἄσιτοι καὶ ἄνευ πυρός· καὶ ἐνταῦθά τινες ἀπώλοντο τῶν στρατιωτῶν. (4.5.12) ἐφείποντο δὲ τῶν πολεμίων συνειλεγμένοι τινὲς καὶ τὰ μὴ δυνάμενα τῶν ὑποζυγίων ἥρπαζον καὶ ἀλλήλοις ἐμάχοντο περὶ αὐτῶν. ἐλείποντο δὲ τῶν στρατιωτῶν οἵ τε διεφθαρμένοι ὑπὸ τῆς χιόνος τοὺς ὀφθαλμοὺς οἵ τε ὑπὸ τοῦ ψύχους τοὺς δακτύλους τῶν ποδῶν ἀποσεσηπότες. (4.5.13) ἦν δὲ τοῖς μὲν ὀφθαλμοῖς ἐπικούρημα τῆς χιόνος εἴ τις μέλαν τι ἔχων πρὸ τῶν ὀφθαλμῶν ἐπορεύετο, τῶν δὲ ποδῶν εἴ τις κινοῖτο καὶ μηδέποτε ἡσυχίαν ἔχοι καὶ εἰς τὴν νύκτα ὑπολύοιτο· (4.5.14) ὅσοι δὲ ὑποδεδεμένοι ἐκοιμῶντο, εἰσεδύοντο εἰς τοὺς πόδας οἱ ἱμάντες καὶ τὰ ὑποδήματα περιεπήγνυντο· καὶ γὰρ ἦσαν, ἐπειδὴ ἐπέλιπε τὰ ἀρχαῖα ὑποδήματα, καρβάτιναι πεποιημέναι ἐκ τῶν νεοδάρτων βοῶν. (4.5.15) διὰ τὰς τοιαύτας οὖν ἀνάγκας ὑπελείποντό τινες τῶν στρατιωτῶν· καὶ ἰδόντες μέλαν τι χωρίον διὰ τὸ ἐκλελοιπέναι αὐτόθι τὴν χιόνα εἴκαζον τετηκέναι· καὶ ἐτετήκει διὰ κρήνην τινὰ ἣ πλησίον ἦν ἀτμίζουσα ἐν νάπῃ. ἐνταῦθ᾽ ἐκτραπόμενοι ἐκάθηντο καὶ οὐκ ἔφασαν πορεύεσθαι. (4.5.16) ὁ δὲ Ξενοφῶν ἔχων ὀπισθοφύλακας ὡς ᾔσθετο, ἐδεῖτο αὐτῶν πάσῃ τέχνῃ καὶ μηχανῇ μὴ ἀπολείπεσθαι, λέγων ὅτι ἕπονται πολλοὶ πολέμιοι συνειλεγμένοι, καὶ τελευτῶν ἐχαλέπαινεν. οἱ δὲ σφάττειν ἐκέλευον· οὐ γὰρ ἂν δύνασθαι πορευθῆναι. (4.5.17) ἐνταῦθα ἔδοξε κράτιστον εἶναι τοὺς ἑπομένους πολεμίους φοβῆσαι, εἴ τις δύναιτο, μὴ ἐπίοιεν τοῖς κάμνουσι. καὶ ἦν μὲν σκότος ἤδη, οἱ δὲ προσῇσαν πολλῷ θορύβῳ ἀμφὶ ὧν εἶχον διαφερόμενοι. (4.5.18) ἔνθα δὴ οἱ ὀπισθοφύλακες, ἅτε ὑγιαίνοντες, ἐξαναστάντες ἔδραμον εἰς τοὺς πολεμίους· οἱ δὲ κάμνοντες ἀνακραγόντες ὅσον ἐδύναντο μέγιστον τὰς ἀσπίδας πρὸς τὰ δόρατα ἔκρουσαν. οἱ δὲ πολέμιοι δείσαντες ἧκαν ἑαυτοὺς κατὰ τῆς χιόνος εἰς τὴν νάπην, καὶ οὐδεὶς ἔτι οὐδαμοῦ ἐφθέγξατο. (4.5.19) καὶ Ξενοφῶν μὲν καὶ οἱ σὺν αὐτῷ εἰπόντες τοῖς ἀσθενοῦσιν ὅτι τῇ ὑστεραίᾳ ἥξουσί τινες ἐπ᾽ αὐτούς, πορευόμενοι πρὶν τέτταρα στάδια διελθεῖν ἐντυγχάνουσιν ἐν τῇ ὁδῷ ἀναπαυομένοις ἐπὶ τῆς χιόνος τοῖς στρατιώταις ἐγκεκαλυμμένοις, καὶ οὐδὲ φυλακὴ οὐδεμία καθειστήκει· καὶ ἀνίστασαν αὐτούς. οἱ δ᾽ ἔλεγον ὅτι οἱ ἔμπροσθεν οὐχ ὑποχωροῖεν.

XENOPHON ANABASE

voici leur itinéraire (en ocre, depuis Sardes jusqu'au rivage du Pont Euxin)


(remerciements à Imago Mundi )

L'expédition d'Alexandre contre Cyrus,elle aussi, tourna mal pour les pauvres soldats...


"Telle est cependant l'épaisseur des neiges dont la terre est chargée et qui se durcissent sous une gelée presque perpétuelle, qu'on n'y saurait trouver aucune trace ni d'oiseaux, ni de bêtes sauvages. Un ciel enveloppé d'ombre, qui n'a rien de la clarté du jour, et qui ressemble plutôt à la nuit, pèse au loin sur la terre, et laisse à peine apercevoir les objets les plus rapprochés.

Au milieu de cet isolement d'une nature où rien ne témoigne la présence de l'homme, l'armée, comme perdue, souffrit tout ce qu'on peut endurer de maux: la faim, le froid, la fatigue, le désespoir. Beaucoup d'entre eux périrent par le froid excessif de la neige; il y en eut à qui elle brûla les pieds, un plus grand nombre à qui elle fit perdre les yeux. Elle fut surtout fatale à ceux qui étaient fatigués: car ils étendaient sur la glace même leurs corps défaillants; et là, dans leur immobilité, la violence du froid les raidissait à ce point, qu'ils ne pouvaient faire le moindre effort pour se relever. Leurs compagnons tâchaient de les réveiller de leur engourdissement, et le seul remède qu'ils y pussent trouver était de les contraindre à marcher. Alors seulement le mouvement leur rendait la chaleur vitale et leurs membres reprenaient quelque vigueur. Tous ceux qui purent gagner les cabanes des Barbares furent promptement remis; mais telle était l'obscurité, que c'était à la fumée seule que l'on reconnaissait les habitations. Ceux-ci, qui n'avaient jamais vu d'étrangers dans leur pays, apercevant tout à coup des gens armés, étaient glacés d'effroi, et leur apportaient tout ce que contenaient leurs cabanes, les suppliant d'épargner leurs personnes.

Le roi parcourait les rangs à pied, relevant ceux qui étaient étendus par terre, et prêtant l'appui de son corps à ceux qui avaient peine à le suivre. Il était partout, à la tête, au centre, aux derniers rangs de l'armée, se multipliant pour la fatigue."

Ceterum adeo altae niues premunt terram gelu et perpetuo paene rigore constrictae, ut ne auium quidem feraeue ullius uestigium exstet. Obscura caeli uerius umbra quam lux, nocti similis, premit terram, uix ut quae prope sunt conspici possint. In hac tanta omnis humani cultus solitudine destitutus exercitus, quidquid malorum tolerari potest, pertulit, inopiam, frigus, lassitudinem, desperationem. Multos exanimauit rigor insolitus niuis, multorum adussit pedes, plurimorum oculos. Praecipue perniciabilis fuit fatigatis: quippe in ipso gelu deficientia corpora sternebant, quae, cum moueri desissent, uis frigori ita adstringebat ut rursus ad surgendum coniti non possent. A commilitonibus torpentes excitabantur, neque aliud remedium erat quam ut ingredi cogerentur. Tum demum uitali calore moto membris aliquis redibat uigor. Si qui tuguria Barbarorum adire potuerunt, celeriter refecti sunt. Sed tanta caligo erat, ut aedificia nulla alia res quam fumus ostenderet; illi, nunquam ante in terris suis aduena uiso, cum armatos repente conspicerent, exanimati metu, quidquid in tuguriis erat adferebant, ut corporibus ipsorum parceretur orantes. Rex agmen circumibat pedes, iacentes quosdam erigens, et alios, cum aegre sequerentur, adminiculo corporis sui excipiens; nunc ad prima signa, nunc in medio, nunc in ultimo agmine itineris multiplicato labore aderat.

QUINTE CURCE

(plus tard, il y aura des cartes des 2 expéditions, mais pour l'instant, j'ai de considérables difficultés de connection, alors quelques jours de patience!

l'expédition d'Alexandre le Grand:





LA NEIGE A VOLOS (Grèce)



réponse des quizzes

  • i est l'impératif du verbe aller: eo, is, ire, ii, itum; il signifie donc "va"; de ce fait, il est également le mot le plus court de la langue latine...
  • tune est l'agglomérat de tu ( toi) et de la particule interrogative 'ne'; il signifie "est-ce que tu"; il n'ya pas de prénom masculin tunus...
  • quidem est un adverbe invariable; il signifie "certes, sans doute"; il est souvent en corrélation avec sed: quidem... sed= bien sûr... mais d'autre part; quant il est précédé (de près ou de loin) de NE, il signifie "même pas"; attention à ne pas le confondre avec quidam: quelqu'un!!!
  • temere est un adverbe invariable signifiant "au hasrd, à l'aventure, sans refléchir"; l'infinitif du verbe craindre est timeo, times, TIMERE!!!
  • modo est un adverbe qui signifie "seulement"; c'est aussi l'ablatif de modus, i, m: manière; dans ce cas il est accompagné d'un adjectif.
  • profecto signifie certes, assurément, et c'est un adverbe; mais ce peut être aussi le datif/ablatif de profectus, a, um, qui est le participe du verbe proficiscor: partir; profectus signifie "parti"
  • misere peut être le parfait 3° pl de mitto, is, ere, MISI, missum; ou un adverbe formé sur l'adjectif miser: misérablement. ATTENTION, j'ai lu une réponse "vocatif"; miser a pour vocatif miser, ces noms et adjectifs en -er, bien que faisant partie de la 2° déclinaison, ont le vocatif sg identique au nominatif
  • munere est l'ablatif de munus, muneris, nt (= fonction, cadeau)
  • interiere est le parfait 3° pl du verbe intereo, is, ire, INTERII, interitum: mourir
  • La lune blanche Luit dans les bois; De chaque branche Part une voix, Sous la ramée: Paul Verlaine
  • Certe edopol, quom illum contemplo et formam cognosco meam. Quem ad modum ego sum - saepe in speculum inspexi -, nimis similest mei!: Plaute (Amphitryon) traduction: ah mais c'est sûr, quand je la vois et que je pense à mon visage tel qu'il est (car je me suis souvent admirée dans mon miroir), mais elle me ressemble trop!
  • Seigneur, Vous m'avez fait puissant et solitaire...: Alfred de Vigny (Moïse)
  • allez venez Milord, vous avez l'air d'un môme, laissez vous faire milord, venez dans mon royaume! c'est bien sûr Edith Piaf qui chantait cette chanson, mais les paroles sont de Georges Moustaki
  • Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,Puisque vous avez fait les hommes pour cela !: victor Hugo (à Villequier)
  • l'Histoire est un éternel recommencement: Thucydide
  • elle poussait un petit cri, fermait entièrement les yeux , et brusquement, elle avait l'air de s’efforcer de réprimer, d'anéantir un rire qui, si elle s'y fût abandonnée, l'eût conduite à l'évanouissement.: Marcel Proust
  • Suave, mari magno turbantibus aequora ventis: ces 2 vers, considérés comme la devise épicurienne, sont de Lucrèce; ils signifient: qu'il est doux, lorsque la mer est grosse et que les vents déchaînent les flots,de rester sur lerivage à contempler la terible épreuve d'autrui
  • Je suis un gars bien ordinaire...: très belle chanson de Robert Charlebois
  • Fugitive beautéDont le regard m’a fait soudainement renaître,Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?: charles Baudelaire (à une passante)
  • Que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes et quand les philosophes seront rois!: Denis Diderot
  • Le métro berlinois est de la même couleur que le manteau de Martine: c'est à la perspicacité d'Yveline Klein que nous devons cette stupéfiante remarque!
  • L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul: la Genèse
  • Nous étions quatre bacheliers...: c'est le 1° vers d'une jolie chanson peu conue de Georeges Brassens
  • εὔρηκα!!!: Archimède bien sûr!
  • Certe edopol, quom illum contemplo et formam cognosco meam. Quem ad modum ego sum - saepe in speculum inspexi -, nimis similest mei!: Plaute (Amphitryon) traduction: ah mais c'est sûr, quand je la vois et que je pense à mon visage tel qu'il est (car je me suis souvent admirée dans mon miroir), mais elle me ressemble trop!
  • La lune blanche Luit dans les bois; De chaque branche Part une voix, Sous la ramée: Paul Verlaine
  • Seigneur, Vous m'avez fait puissant et solitaire...: Alfred de Vigny (Moïse)
  • allez venez Milord, vous avez l'air d'un môme, laissez vous faire milord, venez dans mon royaume! c'est bien sûr Edith Piaf qui chantait cette chanson, mais les paroles sont de Georges Moustaki
  • Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,Puisque vous avez fait les hommes pour cela !: victor Hugo (à Villequier)
  • elle poussait un petit cri, fermait entièrement les yeux , et brusquement, elle avait l'air de s’efforcer de réprimer, d'anéantir un rire qui, si elle s'y fût abandonnée, l'eût conduite à l'évanouissement.: Marcel Proust
  • Fugitive beautéDont le regard m’a fait soudainement renaître,Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?: charles Baudelaire (à une passante)
  • Suave, mari magno turbantibus aequora ventis: ces 2 vers, considérés comme la devise épicurienne, sont de Lucrèce; ils signifient: qu'il est doux, lorsque la mer est grosse et que les vents déchaînent les flots,de rester sur lerivage à contempler la terible épreuve d'autrui
  • l'Histoire est un éternel recommencement: Thucydide
  • Je suis un gars bien ordinaire...: très belle chanson de Robert Charlebois
  • Que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes et quand les philosophes seront rois!: Denis Diderot
  • Le métro berlinois est de la même couleur que le manteau de Martine: c'est à la perspicacité d'Yveline Klein que nous devons cette stupéfiante remarque!
  • L'Éternel Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul: la Genèse
  • Nous étions quatre bacheliers...: c'est le 1° vers d'une jolie chanson peu conue de Georeges Brassens
  • εὔρηκα!!!: Archimède bien sûr!